On cesse d'attendre ce qui n'arrivera jamais. On chiale un bon coup, souffre une dernière fois, on lève la tête, et se promet de ne plus jamais retomber. On se lève, et sans réfléchir, on s'élance. On avance, imperturbable, ne prêtant nullement attention à ceux qui nous entourent. On est heureux, on est enfin devenu un vrai égoïste, personne ne peut nous faire basculer, on le sait, alors on en profite. Puis, on rencontre quelqu'un. Il ne nous laisse pas indifférent. On s'attache, beaucoup trop vite, et on constate avec regret que l'on a perdu notre égoïsme en route. La carapace s'est effondrée, c'est un fait, on l'aime, on le sait, et on sait aussi que cela nous fera souffrir, mais on continue à l'aimer, pensant que cet Amour nous apportera la sérénité dont on rêvait. On y croit, plus fort que tout, on hurle notre Amour, sans réfléchir, on se croit heureux, heureux et amoureux; et puis, on revient sur Terre. Oui, on est amoureux, c'est une réalité, une effrayante réalité.
On ne sait plus quoi dire. On veut dormir, dormir sans rêver, sans souffrir, et sans se réveiller avec en tête toutes les mauvaises pensées de la veille. C'est impossible. Alors, on veut s'endormir, et ne jamais se réveiller du tout.
Il enfila ses chaussures, et courut, pour partir le plus loin possible, fuir cette réalité qui l'effrayait tant et cet avenir dont il n'avait pas envie. Il rêvait d'une autre vie, entre les phrases philosophiques les moins réalistes possible. Il courait après le ciel bleu, qu'il semblait apercevoir au loin. Il courait, sans jamais s'arrêter, courait jusqu'à en perdre haleine, avec comme seul but de contempler le ciel bleu, puis crever, loin de toute réalité.